Protection du littoral sur la rive ouest PDF Imprimer Envoyer

Suite au vote de la Loi sur l’Eau de décembre 2006, puis de l’arrivée aux commandes d’une nouvelle équipe au SILA, il a été décidé de finaliser un projet déjà ancien de cheminement piéton dit « au plus près du Lac » (signifiant ainsi qu’on ne pouvait passer partout au bord), le tout dans le cadre d’une réflexion globale impliquant les services de l’Etat.

 

A de très rares exceptions près, le tracé retenu par le SILA confirme la maturité du tracé  d’équilibre finalisé par l’équipe précédente.


A Duingt toutefois, un épisode inattendu nous a conduit à réagir fermement.

 

Littoral du lac d'Annecy à Duingt

En effet, sous l’influence de quelques radicaux, et au mépris de ce qui était convenu jusqu’ici, le tracé a été discrètement modfié début 2009 pour le faire passer en bordure de propriétés, pourtant très proches du lac pour certaines d’entre elles.

Ceci n’allait pas sans soulever d’inextricables problèmes de mise en œuvre, au travers des risques pour notre vie privée, notre sécurité, mais aussi de l’environnement.

En effet, tous les visiteurs – y compris ceux acquis à l’idée de faire passer un cheminement partout au bord – ont dû se rendre à l’évidence du bon sens qu’un tel passage était strictement incompatible avec une fréquentation de masse.

Famille Arle Bievre sur le lac d'Annecy

C’est dans ce contexte que la décision de créer, en complément de l’A.P.R.I.L – Association des Propriétaires Riverains du Lac – l’ A.P.L.D « Association de Préservation du Littoral de Duingt » a été prise,  pour  traiter ce qui est spécifique à Duingt.

C’est en effet lorsque nous avons appris que le projet de chemin piétonnier passait à Duingt devant 17 propriétés, en l’absence totale de concertation, alors qu’une autre alternative de tracé avait été choisie à l’unanimité du Conseil Municipal de Duingt en septembre 2008, nous nous sommes réunis et avons décidé de nous regrouper en Association. (journal officiel du 04/04/2009).

Notre motivation était double :
- problèmes de sécurité et de respect de la vie privée, droits fondamentaux dus à tous les citoyens
- impact écologique sur une portion du lac, jusqu’ici très préservée


Le projet, tel qu’il nous était présenté, ne prenait pas en considération l’existant, c'est-à-dire des maisons construites il y a un siècle tout près du lac.

Si les Riverains de Duingt ne se sont jamais fait entendre, c’est que depuis des générations, ils entretiennent, jardinent, nettoient et protègent les rives, dont ils ont l’usage.

Par ailleurs une foultitude d’animaux – en particulier les espèces protégées que sont les castors et les harles-bièvres – loge, niche et se déploie notamment sur cette zone particulièrement riche en biodiversité.

Il est évident, également,  que l’impact écologique ne se mesure pas au statut juridique des Riverains : locataires ou propriétaires des bords du lac, l’impact de la foule sur le milieu naturel est le même.

Castor dans le lac d'Annecy

Mêmes causes, mêmes effets. Quand les inconvénients dépassent les avantages, il faut « raison garder » et choisir l’alternative la moins dommageable pour tous.

Cette alternative existait à Duingt, le long de la piste cyclable, et avait emporté l’adhésion de plusieurs générations d’élus.

C’est bien sous l’influence de quelques politiciens (nous tairons les noms que tout le monde ici connaît) qui sous couvert de belles idées y ont vu là une belle opportunité facile et démagogique en pleine échéance électorale (régionales).

Il faut pourtant revenir et s’en tenir aux faits bruts.

Le lac d’Annecy comprend 73% d’accès public et seulement 27% réservé aux privés.

On ne peut donc absolument pas dire que les rives sont largement privatisées.

Les portions qui demeurent privées sont minoritaires, et il y a des raisons objectives à cela.

Vue aérienne du lac d'Annecy

Il s’agit donc d’un équilibre à pérenniser pour la conservation de ce site exceptionnel : les Riverains de Duingt, sur leur portion de rives de 300 mètres, revendiquent leur participation active à l’existence de cet équilibre.

Il en va de même pour la pérennité des pontons traditionnels, que certains auraient voulu remettre en cause pour des raisons strictement idéologiques.

Les pontons en bois à Duingt participent, comme tous les autres, à l’image traditionnelle du lac d’Annecy, comme la tour Eiffel à Paris ou le jet d’eau sur le lac de Genève.

Pourquoi en supprimer encore, alors qu’il y  a eu déjà beaucoup trop de destructions?

Pourquoi cette frénésie de changement pour bouleverser une image que le monde entier peut nous envier ? Sur quel autel peut-on sacrifier ainsi tout un passé, selon quelle idéologie peut-on détruire  l’histoire du lac, pour satisfaire qui et quoi ?

Autant de tentatives auxquelles les Riverains de Duingt s’opposent. Ils se joindront à toutes les actions visant à conserver l’image traditionnelle du lac.

Quant au respect de la vie privée, les Riverains, dont les maisons sont bâties à moins de 10 mètres du bord du lac, ne voient pas comment ils vont pouvoir gérer un flux de promeneurs sur un chemin de 3 m25 devant leurs fenêtres.

En effet, comment faire respecter une servitude de marchepied, qui n’est en aucun cas un droit de stationner, et encore moins un droit de plage, quand on voit ce qu’il est advenu à d’autres endroits du Lac comme à Chavoires (situation résolue depuis l’interdiction) ?

Famille de cygnes sur le lac d'Annecy

Sans atteindre cet extrême, l’expérience à St.Jorioz montre que les familles s’installent le dimanche avec serviettes déployées et pique nique… l’accès au lac est un droit qui ne saurait ignorer le respect d’autrui, et en particulier celui du respect à la vie privée.

Si, pour octroyer cette liberté, il est nécessaire de traverser l’intimité d’autres citoyens, de les croiser en maillot de bains, de les voir déjeuner entre amis ou tondre la pelouse, et bien une telle perspective est tout simplement inacceptable.

Du reste, les mêmes qui revendiquent partout où ils peuvent un « droit d’accès » seraient les premiers à se mobiliser pour le refuser si cela concernait leur propre propriété !

Telle est notre société : tous les droits mais aucune contrainte.

Ceci sans même parler des abus qui bien que statistiquement minoritaires rendent une telle perspective tout simplement inenvisageable.

Fort heureusement, les décideurs l’ont fort bien compris, et ont su pratiquer la concertation et l’écoute active.

Main dans la main, l’Etat et le SILA nous ont ainsi proposé un compromis désormais annoncé dans la presse, et qui en théorie paraît séduisant et avantageux pour tous.

Randonnée autour du lac d'Annecy